Le sacerdoce,
un Don de Dieu reçu avec joie
Serge Kasiama, SJ

Le sacerdoce, sous le prisme de la joie, n’est plus seulement une charge, mais la reconnaissance d’une grâce inouïe. Dire que je l’ai reçu “avec joie”, c’est affirmer d’emblée qu’il est, par nature, un don et non une conquête personnelle ou un simple choix de carrière.
Cette joie est d’abord la joie de la vocation, l’écho en moi de l’initiative divine. Dieu me choisit, non en fonction de mes mérites – qui seraient toujours insuffisants – mais par pure gratuité. La joie naît de cette rencontre : le sentiment que ma vie, avec toutes ses fragilités, est soudain investie d’une finalité transcendante et féconde. C’est l’expérience de la surabondance de la miséricorde divine.
Ensuite, cette joie est celle de la configuration au Christ Prêtre. Recevoir ce don, c’est être appelé à devenir un instrument, un prolongement du Christ Tête et Serviteur. La joie sacerdotale s’exprime concrètement dans l’exercice du ministère :
- Joie de l’Eucharistie : Être capable de rendre le Christ présent sur l’autel, de participer à ce don suprême, est la source la plus profonde de la joie, un lieu où l’humain s’efface devant l’action de Dieu.
- Joie de la Miséricorde : Accorder le pardon de Dieu, témoigner de Sa patience inépuisable dans le sacrement de la Réconciliation, transforme non seulement les autres, mais le prêtre lui-même. C’est la joie de l’ouvrier qui voit les fruits de la grâce.
- Joie du Service : Le sacerdoce est ordonné au peuple de Dieu. La joie se trouve dans la paternité spirituelle, dans le fait d’accompagner, d’enseigner et de sanctifier, se faisant tout à tous par amour, à l’exemple du Bon Pasteur.
Enfin, cette joie est aussi un appel à la persévérance et à l’authenticité. Un don reçu avec joie doit être vécu dans la fidélité. Le monde, les épreuves ou les tentations peuvent parfois obscurcir ce don, mais la joie initiale, si elle est sincère, devient le moteur qui me rappelle : ce ministère n’est pas une « chose » que je possède, mais une relation vivante avec le Christ. Elle me pousse à l’humilité, à ne jamais considérer ce don comme acquis, mais à le renouveler chaque jour dans la prière.
Le sacerdoce n’est donc pas seulement un don de Dieu, il est la cause de ma joie intérieure.



